Départ

 Comme tout départ de longue durée, celui-ci a demandé beaucoup de sacrifices de notre part. Pour Lysou la difficulté s’est surtout matérialisée par un choix déchirant mais néanmoins nécessaire parmi ses 40 paires de chaussures (approximativement, l’inventaire précis relevant de la science-fiction). Pour ma part, après avoir pourtant déjà pris sur moi de n’emporter que trois maillots de football (là aussi le comptage total reste une épreuve) et une seule chemise blanche, il a bien fallu me rendre à l’évidence : mes DVD soigneusement rangés dans des mallettes flambant neuves allaient rester à quai…

Ceux qui me connaissent peuvent imaginer la souffrance intérieure que je ressens encore maintenant. Nous reviendrons sur la paperasse (un grand moment de bonheur) dans un prochain article, histoire que vous ne soyez pas pris au dépourvu, un voyage au Brésil, croyez-moi, ça se prépare…

Le trajet et les formalités aéroportuaires se passent sans encombre majeure, mise à part peut-être le classement de mon deuxième bagage en « hors-format », annonciateur de complications quasi-certaines (moi, pessimiste ?).

Idem, le premier vol Marseille-Paris se passe tranquilou, j’admire naïvement le ciel par le hublot et me félicite du fait que cet avion va me débarquer dans le même terminal que mon prochain vol pour Rio, retirant ainsi une bonne dose de stress car n’ayant pas à traverser tout l’aéroport Charles de Gaulle.

Par contre ce terminal est quand même très grand, et passé le contrôle de passeport, le passage au portique très poussé (« enlevez vos chaussures, monsieur SVP »), le déballage de toutes mes affaires se trouvant dans mon bagage cabine pour vérification, le rangement de toutes ces affaires qui ne tiennent finalement plus dans ce même bagage… Et bien j’arrive pile-poil à l’heure pour embarquer.

Je trouve ma place, à côté d’une Brésilienne sympa mais pas très causante (tant mieux), les toilettes ne sont pas loin, l’écran devant moi fonctionne, bref tutti va bene. Le vol se passe bien mieux que prévu (mon pessimisme, toujours), on mange super bien et je passe les 12 h de trajet à regarder des films et à jouer avec les jeux Air France. Bien sûr impossible de dormir (le siège me maintient dans une position quasi-verticale, la tête dans l’écran devant moi).

Et là, à 20 minutes de l’arrivée, les ennuis commencent. Le steward s’avance vers moi un papier à la main : « Monsieur Ceglec, à l’arrivée présentez-vous au service bagage près du carrousel, vos bagages ne sont pas là, ne prenez pas la peine de les chercher »… Tiens comme c’est bizarre !

Arrivée

A l’arrivée donc, après un quart d’heure de queue pour présenter passeport et visa, me voilà au service bagage, où je fais encore la queue (mais en tirant la tronche cette fois) derrière une vieille dame brésilienne qui a également un bagage manquant mais qui ne comprend rien à ce que l’hôtesse, pourtant brésilienne, lui explique. Mais bon, j’obtiens confirmation que mes deux bagages ne sont pas partis de France et qu’ils seront là vers cinq heures du mat’. No problemo, on me les livre, royal.

Royal, sauf que je n’ai aucune adresse à donner, Lysou ayant oublié de m’envoyer les infos par e-mail avant mon départ, et injoignable car plus de batterie sur son portable (comme d’habitude dans les moments importants)  ! Je prends les docs pour communiquer plus tard les infos manquantes et je rejoins Lysou qui m’attend dans le hall avec un drapeau brésilien !

On file au comptoir Air France communiquer la fameuse adresse (après 20 minutes d’errements à tous les étages de l’aéroport). Enfin libre (ça fait tout de même 1h30 que j’ai atterri), on prend un taxi pour aller se reposer à l’hôtel.

Tout ce qu’on dit sur les taxis cariocas est vrai. Surtout la nuit.les taxis sont jaunes ici aussi...

Le gars roule comme un taré, voie de droite, voie de gauche, à cheval sur deux voies, klaxonne, ne freine jamais. Le guide du routard sur le Brésil précise qu’à la nuit tombée il est déconseillé de s’arrêter aux feux tricolores ; Le chauffeur applique le conseil à la lettre ! Il roule à tombeau ouvert, les piétons sont priés d’éviter ses roues. Heureusement ils sont peu nombreux à cette heure tardive. On croise un tank de la police, histoire de me mettre dans l’ambiance…

On arrive sans encombre à l’hôtel Windsor (oui ça pète) où Lysou loge depuis un mois. Super classe, bien tenu, grand lit, grande douche et internet, nickel. Lysou fait traduire par le réceptionniste un message en portugais qu’elle a reçu la veille : C’est la boutique où elle a acheté un matelas pour l’appart’ qui demande à ce qu’on les rappelle. Le matelas devant normalement être livré le lendemain, ce coup de téléphone sent un peu le sapin…

A suivre…